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Les conséquences du bruit sur l’organisme et la santé

Les conséquences du bruit sur l’organisme et la santé
L’absence totale de bruit, le silence absolu, n’existe pas. 
Une chambre sourde ou sans écho (anéchoïque), comme celle créée dans les laboratoires d’Orfield à Minneapolis, supprime 99,9% du bruit ambiant, limitant le niveau de fond à 9 décibels environ. Dans cet environnement, l’oreille perçoit des bruits qu’elle n’aurait pas pu entendre normalement. Mais on perçoit également un bruit de fond dans les oreilles, son flux inspiratoire, le battement de son cœur, autant de sensations pas forcément agréables. Si on se trouve dans l’obscurité, la disparition de tout son crée rapidement un malaise, du fait d’une perte totale de repère dans l’espace (les sons aidant à nous orienter), nous obligeant à nous asseoir. De telles sensations ne sont pas supportables plus de 45 minutes. Donc le silence, ou ce qui s’en approche, le « vrai » silence est insupportable.




Chambre sourde du laboratoire d'Ortfield. ©Steven Ortfield

 
Par opposition, on définit par « bruit » un son jugé indésirable qui, du point de vue de l’environnement, constitue une nuisance. La gêne suscitée est souvent à l’origine de litiges et reste difficile à évaluer objectivement. Notre monde est devenu excessivement bruyant, source – en cas d’exposition chronique – de lésions éventuelles sur notre organe auditif ainsi que d’autres désagréments possibles, comme le stress, une fatigue auditive, voire parfois la perte de performances intellectuelles au travail, une perturbation du sommeil, l’aggravation des états anxio-dépressifs, etc. Une exposition sonore chronique de l’ordre de 85dB ne doit pas excéder 5 heures par semaine et à 100 dB, l’exposition ne doit pas excéder 1heure 45.

Ce préalable étant posé, cet article évoquera :
- Les lésions auditives consécutives aux nuisances sonores ;
- Les atteintes autres, pas nécessairement organiques, mais pouvant être source de décrochage au travail ou même d’absentéisme par les nuisances que peuvent créer des expositions sonores répétées.

Lésions auditives consécutives aux nuisances sonores

• La fatigue auditive

La fatigue auditive se définit par une baisse temporaire des performances auditives, liée à une exposition sonore prolongée. Il en résulte une augmentation du seuil auditif plus ou moins long après l’agression de l’oreille. La fatigue auditive survient chez des travailleurs exposés à un bruit soutenu trop longtemps ou une agression sonore courte, mais de forte intensité. Tout le monde a en mémoire les conséquences immédiates (pouvant durer plusieurs jours) d’un passage de plusieurs heures en boîte de nuit, à l’époque où la loi n’avait pas encore imposé de seuil optimal d’intensité sonore (102dB depuis le 1er octobre 2018, mais des lésions peuvent survenir dès 80dB si cette nuisance sonore est prolongée). Ces symptômes sont réversibles, mais une répétition trop fréquente peut occasionner des lésions définitives des cellules ciliées de l’oreille interne, avec comme corollaire, une surdité (un point à ce sujet dans notre article précédent : « nuisances sonores et risques auditifs »).

La loi du travail impose, depuis des années, des seuils maximums d’exposition au bruit, ainsi que des durées limitées d’exposition et, si les seuils sonores sont très élevés, le port obligatoire d’un casque. À ce stade, outre le désagrément passager après le travail, le patient peut éprouver le besoin de s’arrêter, épuisé moralement par cette nuisance chronique qui le laisse fatigué au sortir d’une journée éprouvante. La sensibilité de chacun n’est en effet pas la même aux agressions sonores et donc au ressenti.


Précisons que toute entreprise générant des nuisances sonores doit remplir un cahier des charges strict et qu’elle subit des contrôles réguliers. Toute personne « agressée » par des nuisances sonores dans le cadre de son travail peut en référer au médecin du travail, tenu de vérifier les bonnes conditions de travail des employés de ladite entreprise. C’est important pour plusieurs raisons :
> Réversibilité des lésions à ce stade ;
> Diminuer les arrêts de travail en s’assurant d’un respect rigoureux des termes de la loi.

• L’hypoacousie

Par définition, l’hypoacousie est la baisse de l’audition, c’est-à-dire la surdité. Les causes sont multiples, mais ici elles se rapportent au bruit. C’est donc le stade suivant, c’est-à-dire la surdité débutante, consécutive à l’exposition sonore au travail. Il s’agit d’une hypoacousie de perception (c’est-à-dire une perte auditive qui touche l’oreille interne), irréversible, compliquée ou pas d’acouphènes, voire d’hyperacousie (nous verrons ce terme plus loin). Nous avons vu les conséquences d’une hypoacousie de perception liée au bruit (dans les articles « Nuisances sonores et risques auditifs » et « Peut-on prévenir la perte de l’audition ? »), nous n’y reviendrons pas, attardons-nous plutôt sur les entreprises qui génèrent un risque de maladies professionnelles (et seulement elles, liste limitative, décret avril 1963 et mise à jour de septembre 2003), malgré leur énumération fastidieuse :        

- Travaux sur métaux par percussion, abrasion ou projection
- Câblages, toronnage (torsion des fils métalliques), bobinage des fils d’acier
- Utilisation de marteaux piqueurs et perforateurs métalliques
- Travaux de verrerie à proximité des fours, machines de fabrication, broyeurs et concasseurs, embouteillage
- Tissage sur métiers à tisser et assimilés
- Mise au point, essai de propulseurs, réacteurs, moteurs thermiques
- Emploi ou destruction de munitions ou d’explosifs
- Utilisation de pistolets de scellement
- Procédés industriels de séchage de matières organiques par ventilation
- Broyage, concassage, criblage, sablage manuel, sciage, usinage de pierres et de produits minéraux
- Abattage des arbres, tronçonnage, ébranchage
- Machines à bois en atelier
- Usage d’engins de chantier
- Broyage, injection, usinage matières plastique et caoutchouc
- Travail sur rotatives
- Fabrication et conditionnement mécanisé du papier et du carton
- Élaboration de produits en béton et réfractaires
- Travaux de mesurage des niveaux sonores
- Travaux sur machines à secousses et décochage sur grilles vibrantes
- Fusion en four industriel par arcs électriques
- Travaux sur ou à proximité des aéronefs
- Travaux de découpe, soudage et usinage par ultrasons des matières plastiques
- Abattage porcs, volailles, bovins. Plumage des volailles
- Emboîtage conserves alimentaires 
- Malaxage, coupe, sciage, broyage, compression des produits alimentaires
- Moulage par presse à injection de pièces en alliages métalliques         

L’hypoacousie, pour rentrer dans ce cadre, doit être bilatérale, en règle symétrique, touchant préférentiellement les fréquences aiguës. Elle est mesurée après une cession d’exposition au bruit d’au moins 3 jours et doit faire apparaître sur la meilleure oreilleun déficit de 35 dB minimum (moyenne des déficits mesurés sur les fréquences 500Hz, 1000Hz, 2000Hz et 4000Hz. Le délai de prise en charge est d’un an (sous réserve d’une durée d’exposition d’un an minimum réduite à 30 jours s’il s’agit de mise au point de propulseurs, réacteurs et moteurs thermiques. Une fois la surdité déclarée professionnelle, aucune aggravation de celle-ci ne peut être retenue, sauf si le patient subit une nouvelle exposition au bruit. En d’autres termes, une aggravation de la surdité, pour un patient soustrait à toute nuisance sonore, ne peut rentrer dans le cadre d’une majoration de la maladie professionnelle. C’est très important. En effet, une aggravation spontanée et rapide peut même faire discuter le bien-fondé du diagnostic. On pratique donc un nouveau contrôle à 6 mois du premier, patient soustrait aux bruits lésionnels. Ce nouvel audiogramme tonal et vocal ne doit pas être significativement différent du premier.

• Les acouphènes               

Se reporter à l’article précédent, « Les acouphènes, qu’est-ce que c’est ? »
Rappelons que les acouphènes sont une affection d’une très grande fréquence, définie par la perception de bruits dans l’oreille qui peuvent prendre toutes les formes possibles (sifflements, bourdonnements, crissements, bruits de cascade, bruit du cœur dans l’oreille, battements parfois pulsatiles, parfois même perception de voix bien construites, etc.) L’environnement agressif et bruyant dans lequel nous baignons n’est certainement pas étranger à sa genèse.
L’acouphène peut être associé à l’hypoacousie de perception, précédemment évoquée.
L’acouphène peut, cependant, être consécutif à d’autres pathologies comme l’hypertension artérielle, l’athéromatose qu’elle que soit sa cause (le rétrécissement du calibre artériel transformant un flux laminaire intravasculaire en un flux turbulent – image du fleuve tranquille, par opposition au torrent qui fait du bruit – le bruit vasculaire étant transmis à notre oreille. L’acouphène est souvent pulsatile. Mais ces pathologies sortent du cadre de notre exposé.

• L'hyperacousie

Il ne s’agit pas, comme certains pourraient le croire, d’une excellente perception des sons environnementaux, c’est-à-dire d’une « super oreille » mais d’une hypersensibilité aux sons qui nous entourent, ce qui est tout à fait différent et source de grands désagréments, d’autant que cette hyperacousie peut s’associer à des douleurs auditives lors de l’exposition à certaines fréquences auditives (hyperacousie douloureuse). Ces sons mal supportés restent, pour les sujets normaux, d’intensité tout à fait acceptable. C’est en fait le seuil d’intolérance au bruit qui est fortement abaissé.


Dans la majorité des cas, l’hyperacousie survient à la suite d’un traumatisme sonore (qui peut être unique ou chronique) et s’associe alors, dans l’essentiel des cas, à des acouphènes.
Le cas des musiciens est assez caractéristique (32% des personnes atteintes d’hyperacousie sont des musiciens professionnels), pouvant faire arrêter le métier dans les cas sévères (protection par embout sélectif).
Parfois on décrit avec ces symptômes des nausées, des sensations vertigineuses, une fatigue chronique (absentéisme), des maux de tête, voire des otalgies associées. Le repos dans un environnement calme améliore les symptômes qui réapparaissent avec les nouvelles agressions sonores. Paradoxalement l’audiogramme est souvent normal, mais peut parfois se superposer à celui de l’hypoacousie perceptionnelle car l’élément déclencheur reste le même dans la très grande majorité des cas. La doléance est par ailleurs généralement bilatérale. 

Bien différente et très mal connue est l’hyperacousie qui apparaît dès la naissance et qui ne touche qu’un très faible pourcentage de la population mondiale (2 à 3% semble-t-il) facilement détectable devant un enfant qui se bouche les oreilles au moindre bruit. Ici, l’exposition sonore n’est pas en cause dans la genèse de la maladie et l’évolution est souvent sérieuse. On est tenté de rapprocher cette dernière forme de la misophonie (« Misophonie, une affection de notre époque ? »)

La misophonie est-elle un diagnostic différentiel ou misophonie et hyperacousie néonatale sont-elles une seule et même affection ? Quoi qu’il en soit, dans notre exposé c’est l’hyperacousie liée à l’exposition sonore qui nous concerne et nous intéresse. On remarquera que, dans tous les cas, la fatigue auditive apparait souvent comme la symptomatologie initiale. Cela pourrait alors être retenu comme signe d’appel, évitant autant que faire se peut les étapes ultérieures.

Diagnostics associés : 
L’hyperacousie semble accompagnée d’acouphènes dans 86% des cas et sa physiopathologie semble identique. Il semble également que les acouphènes précédent l’hyperacousie dans 78% des cas.


Les autres désagréments liés au bruit

Les désagréments liés au bruit sont nombreux. Citons, de façon non exhaustive : le stress, la perte des performances intellectuelles au travail, les troubles du sommeil, les troubles cardio-vasculaires (tachycardies), les troubles digestifs, l’aggravation des états anxio-dépressifs, l’absentéisme. Ces symptômes témoignent en grande part de phénomènes neuro-végétatifs associés aux acouphènes et hyperacousie très mal vécus pour certains patients, qui n’hésitent pas à courir d’un médecin à un autre pour trouver le traitement « miracle » qui les guérira. Fort heureusement, la médecine progresse et diverses thérapeutiques proposées de nos jours améliorent une part de ces patients. 

Traitement :
Le traitement reste bien sûr préventif et consiste autant que possible à éviter les agressions sonores qui ont envahi notre monde moderne. Les protections d’oreilles (filtrant spécifiquement certaines fréquences ou embouts simples) sont utiles en usage courant et peuvent être proposées en cas d’hyperacousie surtout et d’acouphènes à un moindre degré. Casques indispensables et obligatoires pour certaines professions (liste exhaustive à hypoacousie).

Une fois réalisées, les lésions (hypoacousie de perception notamment) sont définitives. Acouphènes et hyperacousie restent difficiles à traiter encore à ce jour (se référer à l’article « Les acouphènes qu’est-ce que c’est ? »). Cependant, outre les traitements conventionnels (corticoïdes) peu probants, la sophrologie, l’hypnose, l’appareillage avec « masking » d’acouphènes, de nouvelles thérapeutiques émergent qui laissent espérer une amélioration voire une disparition de ces symptômes très mal vécus par certains.

Quelques chiffres liés au bruit (selon la Journée Nationale de l'Audition) :

Au quotidien :
> 9 personnes sur 10 se disent exposées à un bruit excessif ; 
> 9 français sur 10 ont des difficultés pour suivre des conversations dans les restaurants, cafés et bars ou dans les transports publics ; 
> 2 personnes sur 3 se sentent plus exposées au bruit qu'auparant. 

En France
> 6 actifs sur 10 se disent gênés par la fatigue auditive au travail et dénoncent les nuisances sonores causées par leurs collaborateurs, au quotidien ; 
> 81% des 18-35 ans indiquent être gênés par le bruit sur leur lieu de travail ; 
> 1/3 des moins de 35 ans pensent à porter des protections contre le bruit ; 
> Le coût annel du bruit au travail s'élève à 23 milliards d'euros. 

En Europe
> 35 millions de salariés travaillent dans des environnements potentiellement dangereux pour leur santé auditive ; 
> 7% des salariés souffrent de troubles auditifs liés à leur activité ; 
> 1 salarié sur 5 doit éléver la voix pour être entendu au moins la moitié du temps passé au travail ; 
> Le coût annel du bruit au travail est estimé à 92 milliards d'euros.  

En conclusion, insistons une fois de plus sur la prévention par protections sonores qui pourraient être systématiquement portées dans notre monde urbain actuel, comme le masque le sera peut-être dans un avenir proche, pour le Covid, arguant aussi des avantages pour la grippe et des affections virales saisonnières autres que le Coronavirus.







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