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Tabac et cigarette électronique : vérités et mensonges

Tabac et cigarette électronique : vérités et mensonges

Avant de commencer, quelques rappels de bon sens : qu’est ce qui est dangereux dans le tabac ?

Tout et le contraire de tout a été avancé, notamment le papier qui enrobe le tabac et la nicotine.
La fumée du tabac grillé, mesurée par une machine à tabac, dépose ses microparticules sur un filtre en le teintant en brun. Ce condensat contient de la nicotine, de la vapeur d’eau et un mélange de plus de 4 000 molécules que l’on nomme charbon. C’est uniquement le charbon qui transporte des substances cancérigènes. Parmi les plus connues, citons les hydrocarbures polycycliques aromatiques, les nitrosamines, des métaux et notamment le polonium, qui, à titre anecdotique tua le transfuge russe Alexandre Litvinenko, empoisonné par des quantités infimes de ce produit radioactif dans un thé servi dans un hôtel londonien en novembre 2006. La fumée, par ailleurs, transporte des gaz, dont l’un d’entre eux, le monoxyde de carbone (CO) est le facteur responsable de la première cause d’artérite dans le monde (obstruction des vaisseaux). On comprend donc, et c’est essentiel, que c’est la combustion du tabac qui est dangereuse par les produits qu’elle libère.


Rentrons maintenant dans le vif du sujet.
Yves Martinet, ancien Chef de Service de Pneumologie au Centre Hospitalier Universitaire de Nancy et Président (depuis 2003) du Comité national contre le Tabagisme, vient d’écrire un article intitulé « Villes libres sans tabac, nouvelle approche dans la lutte contre le tabagisme », publié dans la revue La tribune, daté du 26 novembre 2020.

L’ORL, il est utile de le préciser, a – au même titre que le pneumologue – son lot de décès dû au tabac, favorisé par l’alcoolisme et la mauvaise hygiène bucco-dentaire. Ces facteurs associés ayant permis de développer très tôt, chez certains patients, la survenue de cancers de la sphère ORL. On en trouve beaucoup moins de nos jours, l’information au fil des ans faisant son chemin et tout ORL ayant commencé sa carrière il y a 30 à 40 ans a vu, fort heureusement, une chute considérable des cancers ORL au cabinet, grâce – essentiellement – à une diminution conséquente de l’alcool et à des soins dentaires plus adaptés. La consommation de tabac n’a, par contre, pas ou peu changé au fil des années, nous verrons pourquoi. Il n’est pas question de dénoncer les propos d’Yves Martinet, soucieux, on le comprend d’enrayer coûte que coûte ce fléau, et ce, par tous les moyens. Mais il apparaît nécessaire de relever des contre-vérités dans l’article de la Tribune.

Bien évidemment les mesures générales prônées ou rappelées par Yves Martinet vont dans le bon sens. Qui serait contre le fait d’augmenter les espaces sans tabac ou de faire respecter les lois anti-tabac (qui remontent à la loi Veil et les suivantes), ce qui est loin d’être toujours le cas ? S’assurer de la bonne application des lois paraît évident.
On lira plus loin qu’il faut informer les patients de la dangerosité du tabac. Mais tous les patients qui fument savent que le tabac est dangereux, pourtant ils n’arrivent pas à cesser leur addiction. Alors, comment fait-on, Professeur pour les faire arrêter ?


La nicotine, comme vous le dites, « est une drogue dure et il est plus difficile d’arrêter la cigarette que d’arrêter l’héroïne » Le Professeur Molimard précise que l’addiction, c’est-à-dire la dépendance à une drogue, pour une personne donnée (tabac ici), est la difficulté qu’il met à s’en défaire. Pour les héroïnomanes, les réseaux Ville-Hôpital Toxicomanie prescrivent des traitements de substitution aux opiacés à la dose nécessaire, le temps nécessaire (souvent des années) et non à la dose la plus basse possible, le moins de temps possible, ce qui constitue le meilleur moyen d’échouer (Dr Gaël Lagadec), comme on le fait avec les patchs nicotiniques ou tout autre médicament « antitabac », par exemple. Tous les traitements de sevrage tabagique ont, à ce jour, fait la preuve de leur médiocre efficacité, que ce soient les substituts nicotiniques ou les médicaments, à l’exception d’un seul, la vapoteuse – nous en parlerons. 

Hausse du prix du tabac : efficace dans la lutte contre le tabagisme ? 

Vous avez longtemps prôné, et vous le faites encore, l’augmentation du prix du tabac… avec le résultat que l’on connaît. En cela, vous rejoignez le député et médecin Yves Bur, pour qui l’augmentation du prix du tabac constituait, vers 2006, l’un des piliers de la lutte anti-tabac. On appréciera le résultat. En une décennie, sensiblement entre 2005 et 2015, malgré une augmentation conséquente du prix du tabac (84%) le nombre des fumeurs est resté bloqué aux alentours de 30%. Ce à quoi les inconditionnels de la méthode répondront que cette augmentation était trop lente, ce qui la rendait inefficace ! 

Que se passe-t-il en fait ?

L’élasticité de la demande du tabac par rapport au prix a pu être calculée. Elle est estimée à -0,3. Ce qui signifie que lorsque le prix du tabac augmente, la demande diminue. Par exemple si nous augmentons le prix du tabac de 25%, nous obtenons une baisse de la consommation de 0,3 x 25% = 7,5% (ce qui l’un dans l’autre profite encore à l’État). Ceci en théorie, car la vérité est (beaucoup) plus complexe.

En fait, lors d’une augmentation du prix du tabac, on observe très rapidement un fléchissement de la consommation. Confrontés à une telle situation, nos fumeurs « addicts », à qui il faut leur dose journalière de nicotine, s’adaptent. Par nécessité pécuniaire, certains d’entre eux vont fumer différemment, écrasant le filtre pour en obturer les orifices de ventilation ; l’enlever, l’entourer d’un ruban adhésif augmentant leur dose de nicotine par cigarette et augmentant, parallèlement, le monoxyde de carbone et le goudron ! Ils vont également aspirer des bouffées plus longues, fumer la cigarette jusqu’au filtre (beaucoup plus dangereux, car le filtre… ne filtre partiellement que les premiers centimètres du fût de tabac). D’autres (rares) vont essayer de profiter de ces hausses pour tenter d’arrêter. Très peu y parviennent, même aidés et retombent alors dans le pool initial des fumeurs. D’autres enfin achètent ces indispensables cigarettes au marché noir ou dans les États frontaliers. Les semaines et les mois aidants, l’infléchissement disparaît et l’on se retrouve à la case départ avec le même nombre de fumeurs qu’initialement. Le nombre de fumeurs qui est parvenu à cesser l’addiction est insignifiant et négligeable dans les pourcentages même si, ces dernières années, l’État claironne qu’enfin le fléchissement est là et qu’il faut poursuivre cette politique d’augmentation du prix du paquet de cigarettes.

 

Le grand drame de cette extraordinaire addiction au tabac chez ces fumeurs vient du fait que les fumeurs invétérés ne parviennent pas à stopper cette dépendance. En outre, les populations en situation précaire consomment en moyenne 30% de cigarettes en plus que les non précaires, privilégiant l’achat de tabac au détriment des achats alimentaires, car ils ne peuvent plus faire les deux. En définitive, l’augmentation du prix du paquet de cigarettes profite toujours à l’État et aux industriels du tabac, jamais aux fumeurs. Les populations en grande précarité paient le plus lourd tribut à ces augmentations successives aggravant encore leur précarité. Jamais l’augmentation du prix des cigarettes n’a fait baisser le nombre de fumeurs.


Mais les jeunes, me direz-vous ? Cette augmentation de prix est très utile !

Pour ceux qui ne vapotent pas (et le vapotage n’est pas une étape avant le passage au tabac), le prix d’un paquet de cigarettes devient effectivement un frein véritable à l’entrée dans cette addiction. Ils ont donc trouvé la parade et achètent du tabac à rouler ou du tabac à tuber, qui permet, en outre, d’y intégrer de la résine de cannabis pour certains. Malgré l’augmentation rapide et importante décidée par le gouvernement de ce tabac, le prix au gramme reste encore bien en deçà du prix d’un paquet de cigarettes. Malheureusement, la nocivité des cigarettes roulées est infiniment plus grande, car le tabac roulé est constitué de lanières de tabac (scaferlati) et non de déchets de tabac, donnant un fût moins tassé que la poudre de tabac expansée, assurant une bien moins bonne combustion et donc une production plus élevée de goudron et de monoxyde de carbone (CO) responsable de l’artérite du fumeur pour ce dernier.

La juxtaposition des prix avec les paquets de cigarettes est un vœu pieux. Et même si l’impossible se réalisait, les cigarettiers ont trouvé la parade avec les tubeuses électriques et la vente de poudre (la même que dans les cigarettes) de tabac, encore moins chère. Un temps de retard toujours pour les jusqu’au-boutistes de l’augmentation des prix.

La vapoteuse, produit du tabac ? 


Vous nous dites « la lutte contre le tabagisme ne pourra être efficace qu’en agissant conjointement au niveau local, national et européen »Cela relève du simple bon sens et, pour commencer, si l’on veut éviter l’achat des cigarettes dans d’autres pays que la France, là où les taxes sont moindres, il suffirait d’harmoniser le prix des paquets de cigarettes… 
Bonne chance !
À ce sujet, vous précisez « ce projet d’action conjointe (Directive européenne) s’inscrit dans l’esprit de la Convention Cadre de l’OMS pour la lutte anti-tabac (CCLAT, 2005) qui insiste sur la mise en œuvre coordonnée d’un ensemble de mesures plus efficace que des mesures isolées. » Rien à dire jusque-là. Puis vous ajoutez que la prochaine grande bataille politique se jouera au niveau européen, avec la révision de la directive sur les produits du tabac. 
Et là, une clarification s’impose pour ces « produits du tabac », dont on distingue deux sortes :

• Les vrais produits du tabac chauffé, mis au point par les cigarettiers pour lutter contre la désaffection relative des pays industrialisés pour la cigarette et qui ne sont ni plus ni moins que des cigarettes, aussi toxiques voire plus que les cigarettes classiques. Et là, on ne peut qu’être d’accord avec vous et l’OMS. Fort heureusement l’engouement semble très relatif dans nos pays.

• Les cigarettes électroniques méritent, par contre, une tout autre considération. Il n’y a tout d’abord par le moindre produit dérivé du tabac dans ces systèmes. Il peut, certes, y avoir un agent de sapidité comme le tabac (de moins en moins utilisé), mais il s’agit d’un agent de sapidité qui permet aux « addicts » de retrouver ce goût de tabac à l’inhalation, goût dont ils peuvent avoir besoin, tout comme ces volutes de fumée (propylène-glycol chauffé) car tout fumeur, selon Sylvain Tesson, prend plaisir « à s’enrober de fumée (…) et rêve de disparaître dans ses nuages ». Il peut certes aussi y avoir de la nicotine, à concentrations variables, pour qui veut cesser progressivement et efficacement l’addiction au tabac. Rappelons que la nicotine est un pesticide naturel secrété par quelques plantes parmi lesquelles les feuilles de tabac mais également la pomme de terre, la tomate, l’aubergine, le poivron… Cette cigarette électronique ne rentre donc pas dans le cadre des produits du tabac. 


Pourtant, la confusion délibérée n’est pas anodine. En effet, la fiscalité du tabac manufacturé est composée :
• De la TVA,
• D’un droit de consommation décomposé en accise proportionnelle et accise fixe.


L’un dans l’autre, un paquet de cigarettes est taxé à plus de 80% en France, véritable jackpot pour l’État. Le malheur vient du fait que la cigarette électronique n’est taxée qu’à 20%, la fameuse taxe de Droit à la Consommation du Tabac (DCT) n’étant pas appliquée et pour cause.
 Mais cette dernière prenant de plus en plus de place chez le fumeur désireux de cesser son addiction, les rentrées d’argent diminuent ce qui entraîne un désir non dissimulé de l’État de faire rentrer la cigarette électronique dans le cadre des « produits dérivés du tabac ». Toutes les campagnes de désinformation sont donc bonnes pour influencer le fumeur « mal informé » qui voudrait cesser sa dépendance avec le premier vrai produit qui a fait la preuve de son efficacité à ce jour. Tous les tabacologues et les études scientifiques s’accordent à dire que cette dernière est infiniment moins dangereuse que la cigarette (recul de plusieurs années à ce jour) et que le passage de ce produit à la cigarette chez les jeunes n’est pas une réalité (on expliquerait mal du reste qu’un jeune débute son addiction par le succédané au lieu de l’original).

 



Dans ce court métrage de Public Health, le Dr Lion Shahab et le Dr Rosemary Leonard, éminents chercheurs sur le tabagisme,
effectuent une démonstration pour illustrer visuellement l'impact du tabagisme par rapport à l'inhalation de vapeur, pendant un mois.

« Les cigarettes électroniques sont nocives d’après l’OMS »

En novembre 2010 déjà, le Directeur régional de l’alliance pour la convention-cadre de l’OMS affirmait : « la nicotine est une drogue très addictive et ce « qu’ils » utilisent pour véhiculer la nicotine est le propylène-glycol, une substance toxique pour les êtres humains. » L’OMS n’en était pas à son coup d’essai avec ces propos. En avril 2009, un premier ballon avait été lancé affirmant que « de vraies cigarettes c’est mieux que de faux médicaments. »




Ce qui surprend lorsque l’on reprend les propos de Mickaël Siegel (chercheur américain spécialisé dans la recherche sur le tabac et n’ayant bien évidemment aucun conflit d’intérêts avec quiconque et notamment les concepteurs de la e-cigarette) : « cette e-cigarette pourrait être la première grande menace à laquelle l’industrie du tabac devra faire face, bien plus qu’une menace à la santé de la population. » On comprend mieux du coup le désamour des États qui dénoncent cette e-cigarette.

Et pourtant ! 

La e-cigarette est le premier « médicament » qui a fait chuter de façon durable la consommation du tabac en France et en Europe. Le risque sur la santé est infiniment plus faible que le risque de fumer. Le Professeur Dautzenberg oppose les deux : « vapoter par rapport à la cigarette revient à comparer un véhicule qui roulerait à 140 sur l’autoroute à un autre qui roulerait à contresens »



Conclusion

La cigarette électronique est la première arme qui lutte efficacement contre l’addiction au tabac. Tout simplement car on substitue au tabac un produit réalisant un « shoot nicotinique » par l’inhalation du produit, qui, constitué de microparticules de nicotine, parvient en quelques secondes sur les récepteurs nicotiniques du cerveau (le « craving » en Anglais). C’est la seule façon efficace de pallier au manque de nicotine. Comme la méthadone et comme le conseille le Dr Gaël Lagadec, cette prise pourra se faire aussi longtemps que l’on veut, à la dose la plus efficace pour chacun (la nicotine ne crée qu’une addiction) à charge, si le fumeur le désire, de diminuer progressivement, en mettant le temps qu’il faut, la concentration en nicotine. Grâce à cette cigarette électronique, on observe enfin une diminution significative de la consommation du tabac en France et en Europe.

La deuxième cause de baisse reste, bien sûr, le marché noir et les achats dans les pays frontaliers grâce à l’augmentation du prix de la cigarette. Pour les pays frontaliers, il suffirait (!!!!) d’uniformiser le prix des paquets de cigarettes, mais il n’en est pas de même du marché noir où les cigarettiers écoulent leur stock invendu et qui gardent de beaux jours devant eux tant que l’on poursuivra cette politique aberrante d’augmentation du prix de la cigarette.

Gardons à l’esprit une seule remarque : à l’heure où l’on envisage de se poser sur Mars, n’est-il pas impensable que la recherche médicale n’ait pu concevoir un traitement efficace contre la dépendance au tabac ? L’absence de tentative dans ce domaine et la volonté de distiller des traitements inefficaces, comme si l’on dispensait un sirop à un cancéreux, en dit long sur la puissance des lobbies et l’intérêt pécuniaire des États pour la cigarette. De nos jours, même si le système est certainement imparfait, la cigarette électronique reste le moins mauvais moyen pour arrêter le tabac, peut être avec le SNUS qui fera l’objet d’un article à part. Cela ne signifie pour autant que c’est anodin mais on a vu le risque de la cigarette électronique comparée au tabac.

 

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Sources et références bibliographiques

Manuel à l’usage des fumeurs invétérés, Jean-Jacques HUBINOIS, Septembre 2013 - Les éditions du Net, 12€ sur Amazon
• Blog Vapyou - toutes les nouvelles dans le monde sur la e-cigarette.
Combattre l’évolution du tabagisme dans le mondeKaren Slama - INSERM
• Andy Rowell, Tobacco explained. The truth about the tobacco industry (…) in its own words, op.cit.
• Why one smokes, autumn 1969 (Minn.trial Exhibit 3, 681)
• Réseau ressource - 333 Av du Gal de Gaulle, Clamart (en partenariat avec le conseil général 92/ARS/MILDT)
• Even Philippe, Debré Bernard : Avertissement aux malades, aux médecins et aux élus – le cherche-midi – Nov. 2002







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