Prévenir les incidents ORL des bords de plage

Prévenir les incidents ORL des bords de plage

À la veille des grandes transhumances estivales, il nous a paru intéressant de rappeler comment prévenir ou soigner les douleurs ORL, dominées par les otites liées aux bains. Toute la sphère ORL reste cependant concernée et nous insisterons à chaque fois sur la prévention qui permettra d’éviter une grande part de ces désagréments, particulièrement mal vécus loin de son domicile, voire à l’étranger ou les prix de consultation d’un confrère peuvent grever le budget des vacances.
À tout seigneur, tout honneur, l’oreille dominant de très loin les pathologies ORL estivales, quel que soit l’âge.
La douleur peut être intense, lancinante, voire insomniante.

Deux types d’otites peuvent être rencontrées mais l’otite externe domine de très loin.

Otite externe

Il s’agit, rappelons le, d’une inflammation du conduit auditif externe qui, dans les cas extrêmes est oèdèmatié, gonflé et suintant, rendant le conduit virtuel. Il s’agit, dans ce cas précis d’eczéma du conduit et la douleur est intense.
Le traitement repose sur l’association d’antalgiques, de corticoïdes pour diminuer l’oèdème et d’une antibiothérapie par voie générale.

Comment l’éviter ?
Pour prévenir cette otite, il faut en comprendre l’étiopathogénie.

L’eau, qu’elle soit salée ou douce (piscine) va stagner dans le conduit - après un bain - pour de multiples raisons :
• Bouchon de cérumen, partiellement voire totalement occlusif ;
• Conduit auditif naturellement coudé, gênant la sortie spontanée de l’eau ;
• Hypertrichose d’oreille, particulièrement fréquente chez l’homme surtout après la cinquantaine (poils drus et épais du conduit).

Cette eau va gêner le baigneur, qui cherche à l’extraire par tous les moyens.
Le plus utilisé reste le doigt, qui farfouille dans le conduit, créant ainsi de multiples excoriations (ongle) mettant en contact les germes du conduit auditif qui auront proliféré dans un milieu chaud et le tissu sous cutané réalisant un eczéma.

La prévention en découle :
• Faire vérifier ses conduits, surtout si l’on a tendance à faire des bouchons de cérumen, avant le départ en vacances ;
• Raser (rasoirs spéciaux que l’on trouve dans le commerce) ou faire raser les poils de conduit qu’il faut enlever (et non laisser en place) ;
• Éviter, une fois l’eau stagnant dans le conduit, tout grattage intempestif ;
• Tapoter le pavillon avec une serviette pour faire sortir l’eau de façon atraumatique ;
• Éventuellement prévenir en mettant des gouttes auriculaires antibiotiques pures ;
• Mettre, avant les bains, des solutions huileuses dans les conduits (huile d’amande douce), si l’eau a tendance à rester dans les conduits.


Otite moyenne aigüe

Nettement moins fréquente. Elle découle généralement des suites d’une rhino-pharyngite plus que de l’eau trainant dans le conduit.
Elle peut cependant s’associer à une otite externe.

 

Les épistaxis

Les épistaxis sont des saignements de nez fréquents en été, survenant volontiers chez l’enfant et le grand enfant.
Elles témoignent d’une fragilité capillaire sur la région antérieure de la cloison nasale, nommée tache vasculaire.

Traitement
quand elles sont répétées, le traitement repose sur une cautérisation des vaisseaux de cette zone, richement vascularisée.
Cette cautérisation n’est pas éternelle et les récidives surviennent généralement en été et en hiver (dans ce dernier cas, si le chauffage est excessif dans la chambre notamment avec un air insuffisamment humidifié).

En prévention :
• Cautériser préventivement les taches vasculaires de l’enfant quand les épistaxis ont tendance à revenir ;
• Éviter l’exposition aux grandes chaleurs (bains dans la matinée et en fin d’après-midi) ;
• Protection du visage par une casquette ;
• Si l’épistaxis survient sur la plage, le traitement efficace (et le seul) consiste à faire pencher la tête de l’enfant en avant, le faire se moucher doucement pour évacuer les caillots qui entretiennent le saignement et pincer la pointe du nez entre le pouce et l’index 10 minutes, montre en main. La consultation ORL suivra pour cautériser un vaisseau en cause.

Consulter l'article Les épistaxis chez le plongeur.

La rhinite vestibulaire

Il s’agit d’une irritation chronique du nez.
Le vestibule, c’est à dire l’orifice narinaire, est irrité, enflammé, voire croûteux et bien souvent très douloureux.

L’eau salée n’a jamais constitué - bien qu’on le serve maintenant à toutes les sauces, tant pour les adultes que les enfants - une solution antiseptique, stérilisante et bienfaitrice, notamment dans le nez des touts petits pour le nettoyer. Un mouche bébé et une solution soufrée en pulvérisation font beaucoup mieux que les lavages.

Dans la mer, l’eau salée est irritante, tant pour le conduit d’oreille que pour le nez et bien évidemment pour les plaies. Celles-ci ne se cicatrisent jamais tant qu’on les expose à l’eau salée qui n’a jamais rien stérilisé (le sel servait autrefois à la conservation des aliments mais pas à celle d’un corps vivant).

Si l’enfant présente cette irritation, voire une petite ulcération narinaire, il faut :
• Éviter de nettoyer à l’eau de mer ;
• Badigeonner une pommade mains ou visage sur l’orifice narinaire ;
• Essayer d’éviter le contact avec l’eau de mer qui va creuser et éroder les plaies (masque/ pince nez).

Au bout de quelques jours, vous assisterez à un miracle... celui de voir le nez de votre enfant guéri!

Les angines estivales

Elles sont particulièrement douloureuses et surviennent en effet en été.
Les germes aiment la chaleur et prolifèrent (comme pour le conduit) dès que la température s’élève. En outre les chocs thermiques créés par l’ingestion de boissons glacées, de glaces, l’usage de la climatisation fragilisent la muqueuse pharyngée et favorisent ces angines bactériennes douloureuses.

Il convient d’éviter de diriger les climatiseurs ou ventilateurs sur le visage et éviter de boire trop glacé.

L’angine avérée nécessitera une antibiothérapie prescrite par le médecin.


Piqûre de méduse

Nous avons décidé de ne traiter que les affections ORL estivales, principalement du bord de plage.
Citons, tout de même, un organisme qui, d’une année sur l’autre, vient de plus en plus parasiter nos côtes : la méduse.

Sous nos climats il en existe pas loin de 1 000 espéces différentes. La température de l’eau, qui a tendance à s’élever, la pollution qui s’accroît, la raréfaction sur nos côtes des poissons friands de ces organismes font parler d’une année sur l’autre "d'une année à méduses". 

Ses filaments sont très urticants mais exceptionnellement dangereux sauf dans des cas graves d’allergies aux filaments de méduse.
La sphère ORL n’est qu’exceptionnellement concernée, pouvant alors réaliser un oèdème de Quincke nécessitant des corticoïdes en urgence au cabinet du médecin si le patient ressent la moindre gêne respiratoire.

  

Conclusion

La région ORL détient certainement, avec la dermatologie, le record d’affections saisonnières favorisées notamment par les bains.
Quelques gestes préventifs et du bon sens peuvent en limiter grandement la fréquence et éviter de gâcher une partie des vacances.





_____________________________________________________________________________________________________________________



Découvrez la prothèse auditive Orison.
Invisible, prête à entendre, conçue avec des spécialistes de l'audition, vendue sans ordonnance.  

Laisser un commentaire

Tous les champs sont obligatoires

Prénom :
Email : (non publié)
Commentaire :
Code de sécurité

Le mot de l'ORL

Meilleures ventes