L’apport des cures thermales en ORL

L’apport des cures thermales en ORL

La pratique des cures thermales remonte à l’Antiquité.

Depuis l’époque romaine et tout au long des siècles suivants, les curistes fréquentèrent les établissements thermaux implantés pour l’essentiel à l’emplacement exact des anciens thermes romains.

Au XIXème siècle, on y ajoute des inhalations, souvent utilisées dans les pathologies ORL et on y associe les bienfaits de l’eau de cure en l’utilisant comme simple boisson.

Le premier et le second Empire sont des périodes fastes pour les établissements thermaux, qui voient leur nombre augmenter et leur équipement se moderniser. Plombières-les-Bains recevra la visite régulière des proches de Napoléon 1er et Napoléon III lui-même fréquentera plus d’une fois cette station alors qu’Eugénie-les-Bains, au pays basque, sera une des stations préférées de son épouse, l’Impératrice Eugénie.

Dans les années 90, le thermalisme connait une crise et voit sa fréquentation baisser de 15%, imposant aux établissements de s’adapter en proposant un thermalisme non conventionné, orienté vers la balnéothérapie, la remise en forme et un thermalisme plus ludique – sans négliger pour autant la cure prise en charge par la Sécurité Sociale prouvant, s’il en était besoin, son bienfait indiscutable dans de nombreux domaines, la qualité des eaux orientant l’indication.

Citons de façon non exhaustive son utilisation :

• En dermatologie,
• Pour les voies respiratoires,
• Pour les affections rhumatologiques,
• Pour les affections neurologiques,
• Pour les affections psycho somatiques,
• Pour les maladies cardio-vasculaires,
• Pour la phlébologie,
• Sans oublier, bien sûr, ses bienfaits indiscutables pour les affections ORL chroniques et/ou infectieuses. 

Nous ne parlerons ici que des indications ORL des cures thermales en détaillant sommairement les pathologies bénéficiaires, organe par organe, en précisant au préalable, sauf cas exceptionnel, que la cure thermale vient toujours en complément d’un traitement médical ou chirurgical dont le bienfait attendu s’avère insuffisant. 


• Rhinite chronique allergique

La rhinite chronique est, par définition, une inflammation du nez qui dure depuis plusieurs mois, associant un écoulement clair ou épais ou simplement une obstruction nasale. Ces symptômes peuvent être d’origine allergique mais pas toujours (hypersensibilité nasale non spécifique).

Classiquement, la rhinite est saisonnière, déclenchée par un allergène respiratoire qui pourra être recherché.
Les symptômes sont évocateurs associant rhinite claire (le nez coule comme de l’eau), éternuements, nez bouché s’associant alors à des maux de tête, picotement des yeux… Ces symptômes sont d’emblée évocateurs d’une composante allergique et l’examen clinique retrouve, dans l’essentiel des cas, un nez congestionné dont la muqueuse est classiquement « blanc-lilas » parfois associée à une polypose naso-sinusienne bilatérale qui signe l’étiologie allergique. Le traitement sera médical dans l’essentiel des cas.  

En cas de symptômes chroniques, les eaux thermales ont toute leur indication. Quand il n’existe pas de surinfection, on préfèrera orienter le patient vers des eaux non soufrées mais sulfatées, calciques ou sodiques riches en oligoéléments. Les méthodes employées reposent sur les douches nasales, les aérosols soniques, les humages, les nébulisations.

Outre les traitements locaux avec les propriétés inhérentes à l’eau de cure, l’environnement, le climat, le changement de rythme de vie sont également essentiels  dans les résultats attendus chez les curistes. Deux à trois cures consécutives seront proposées, avec un résultat indiscutable sur le dysfonctionnement chronique du nez des patients et un mieux-être ressenti, parfois dès la première cure, mais plus souvent à partir de la seconde.

• Rhinite chronique perannuelle non allergique

Depuis plus d’une décennie, l’ORL est confronté à cette pathologie dont l’étiopathogénie est mal comprise, peut-être parce qu’elle n’a pas fait l’objet de beaucoup d’études, preuve s’il de son absence de gravité à défaut d’une absence de gêne sociale.

Le patient présente une congestion nasale avec nez bouché, parfois à bascule, l’une et l’autre narine se bouchant en alternance et souvent la nuit selon la position dans laquelle on dort. Parfois s’y associe un écoulement, comme la rhinite allergique typique, écoulement qui peut également être déclenché au lever, au changement de position en se réveillant, en passant d’une pièce à l’autre, quand on mange…

Outre les variations thermiques, on a accusé, dans sa genèse, le stress, le tabac, l’alcool, voire l’obésité et même le vent…. qui charrierait des particules irritantes.

N’oublions tout de même pas (il suffit de relire Balzac et sa Comédie humaine ou de revoir les caricatures croquées par Daumier) que cette pathologie n’a jamais été décrite il y a 150 ans. Concluons plus prosaïquement que l’environnement est certainement l’élément essentiel dans l’émergence de cette pathologie.

On en vient tout naturellement, outre les traitements médicaux qui peuvent se rapprocher de la rhinite allergique, à proposer des cures chez ces patients où les changements d’habitudes et d’environnement prendront toute leur importance.

• Sinusite allergique

C’est le stade suivant de la rhinite chronique allergique.

La rhinite allergique se complique de sinusite allergique dont le traitement est calqué sur celui de la rhinite allergique. Traitement au long cours antihistaminique et corticoïde selon les allergènes en cause, traitement antibiotique d’une surinfection si nécessaire, voire traitement chirurgical qui peut s’avérer salvateur si un traitement médical bien conduit ne suffit pas.

Cependant, ce dernier peut encore ne pas suffire malgré l’acte chirurgical bien pratiqué et un traitement médical au long cours prescrit avec l’arrêt du tabac vivement souhaitable. Dans ces cas la cure thermale répétée peut être très bénéfique, la nature des eaux pouvant être sulfurée en cas d’infection surajoutée.

• Pharyngites, laryngites

Quelles soient occasionnées par des écoulements nasaux postérieurs chroniques (clairs ou purulents) avec ses conséquences faites de maux de gorge, de voix cassée, on se retrouve dans les mêmes cas que précédemment où le terrain, l’environnement, le tabac sont des facteurs majorants et, nécessairement, les cures amélioreront les curistes.

Des reflux gastro œsophagiens peuvent donner les mêmes symptômes.

Les traitements médicaux du reflux améliorent mais la cure peut être un adjuvant précieux si l’on considère, là aussi, que le stress les majore et que le tabac augmente le péristaltisme gastrique (contractions de l’estomac). Un changement de climat et d’environnement, un arrêt du tabac seront donc parfois utiles (irrigation nasale, douche pharyngienne, inhalation, pulvérisation, humage, gargarysmes, cure de boissons, aérosols, bain nasal…)

• Angines/amygdalites

Les angines ne constituent pas la meilleure indication qui soit pour les cures mais elles ont été proposées, certainement car elles peuvent améliorer le patient.

S’il s’agit d’un enfant, l’indication de cure n’est pas logique.
Pourquoi laisser des amygdales infectées (qui ne servent donc à rien si ce n’est entretenir les angines) alors qu’une sanction chirurgicale règle définitivement le problème ? Quant à l’hypothèse d’organes indispensables pour l’immunisation de l’enfant, on sait depuis longtemps qu’il existe bien assez d’organes lymphoïdes pour son immunisation et que ces amygdales favorisent les infections.

Le cas des adultes peut être abordé différemment, tant pour les angines que pour les amygdalites.
L’intervention chirurgicale est douloureuse (à défaut d’être dangereuse) contrairement à l’enfant et l’on peut concevoir la réticence à se faire opérer d’autant plus qu’il n’y a pas péril si l’intervention est refusée. On peut alors proposer ces cures où, là comme dans les cas précédents, les soins peuvent permettre d’évacuer le caséum sur les organes lymphoïdes, diminuer l’inflammation et améliorer les douleurs et le fébricule fréquent (amygdalites) ou les accès d’angines.

• Otites aiguës / otites séreuses

Les otites, qu’elles soient aiguës ou séreuses sont la conséquence d’un dysfonctionnement chronique des trompes d’Eustache qui permettent d’équilibrer les pressions dans la caisse du tympan. Comme pour les angines et les amygdalites la conduite à tenir est légèrement différente chez l’adulte ou chez l’enfant.

Chez l’enfant, les otites aiguës (phénomène douloureux et inflammatoire du tympan) sont la conséquence d’une affection rhinopharyngée et le traitement du nez et souvent l’opération des végétations adénoïdes règle généralement le problème.

Ce peut être différent dans le cas des otites séro muqueuses, qui sont aussi sont la conséquence d’un dysfonctionnement chronique de la trompe d’Eustache. Il existe derrière le tympan une glue épaisse qui gêne l’audition, pouvant entrainer un retard scolaire.
Ces otites séreuses peuvent se compliquer d’otites aiguës en cas de réchauffement de l’otite séro muqueuse ou d’otites scléro adhésives. Dans ce cas le liquide finit par se résorber entrainant une rétraction du tympan sur la caisse et des séquelles auditives définitives. L’otite séro muqueuse nécessite donc une surveillance régulière.

S’il existe de grosses végétations, on proposera, dans un premier temps, la cure de végétations adénoïdes qui pourra, avec le temps guérir l’otite séreuse. Si ce n’est pas le cas et si l’enfant présente un risque de retard scolaire sur une baisse notable de l’audition, un début de rétraction tympanique ou des réchauffements aigus répétés, on associera dans le même temps que la cure de végétations ou au décours, une pose d’aérateurs trans-tympaniques (qui permettent de résorber la glue et d’en empêcher sa récidive tant que les aérateurs sont en place).

Dans la très grande majorité des cas, ce traitement suffira à guérir l’enfant. Il arrive toutefois que certains enfants présentant un terrain allergique ou au faciés adénoidien (faciès étroit dans sa largeur) ou des enfants au terrain fragile (présentant parfois un manque de fer que l’on suppléera) continuent à faire des infections ORL et des otites séreuses à la chute des aérateurs. Ce sont pour ces enfants fragiles que l’on pourra proposer avec bonheur et parfois en hospitalisation des cures thermales répétées. Cela reste tout de même l’exception.

Qu’en est-il des otites séreuses de l’adulte ?

L’otite moyenne aiguë reste très rare chez l’adulte et complique une affection nasale. Un traitement médical en vient à bout.

L’otite externe est beaucoup plus fréquente chez l’adulte et touche le conduit auditif. Il est la conséquence, entre autres, de grattages intempestifs (par cotons tiges ou pas) notamment quand de l’eau stagne dans les conduits auditifs et elle se traite aussi exclusivement par des traitements médicaux et une perte de certaines habitudes.

L’otite séro muqueuse, toujours conséquence d’un dysfonctionnement chronique des trompes d’Eustache, doit faire rechercher un problème sur le cavum (arrière nez), que ce soit une tumeur – obstruant les orifices tubaires et réalisant cette métaplasie des cellules de la caisse de l’oreille avec transformation des cellules ciliées en cellules à mucus par absence de ventilation – ou un écoulement postérieur chronique du nez sur un terrain particulier et nous revenons à notre rhinite chronique per annuelle ou même allergique dont on a vu le traitement.

Cependant une tumeur du cavum va nécessiter en premier lieu son traitement tout comme pour le catarrhe postérieur chronique.

Ce sera, là comme ailleurs, l’insuffisance des résultats médicamenteux, voire radiothérapiques, qui fera proposer, après les traitements adaptés à l’étiologie et éventuellement les aérateurs transtympaniques, des cures thermales identiques aux cures des rhinites chroniques.

Nous avons brossé ici l’essentielle des indications de cures thermales en ORL, que ce soit pour l’adulte ou pour l’enfant.
Certes, cette liste des indications thermales en ORL n’est cependant pas exhaustive mais il est important de rappeler que les cures thermales existent depuis 21 siècles au minimum, développées par les Romains. Or, une médecine ne peut survivre au temps si son efficacité reste douteuse. De nos jours, malgré les lourdes dépenses de santé, les cures continuent pour l’essentiel à être prises en charge par la Sécurité Sociale, preuve de son efficacité quand l’indication est bien posée.   

La médecine thermale des Thermes Adour


Respectueuse de l'organisme et non invasive, la médecine thermale des Thermes Adour propose une démarche de santé pertinente qui ne se fonde pas uniquement sur le traitement des symptômes mais repose sur la prise en charge globale d'une pathologie, accordant à la prévention une place aussi importante qu'au soulagement. Elle ne représente que 0,13% du budget dépenses de l’Assurance Maladie et a fait la preuve de son efficacité sur le long terme à travers de nombreuses études scientifique. Lors d’une cure thermale, les équipes soignantes prodiguent des soins naturels, efficaces, à partir des eaux et boues thermales de Dax, ressources de la nature dont les bienfaits sont reconnus par l'Académie de Mé
decine.

Quels bénéfices attendre d’une cure thermale ? Les bienfaits de la cure thermale se ressentent principalement dans :

• La nette diminution de la douleur,
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• Le gain de confiance et d'autonomie durant plusieurs mois.

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