Vertiges et risques de chute chez les personnes âgées

Vertiges et risques de chute chez les personnes âgées

Parler de vertiges c’est parler d’équilibre. L’équilibre, aux âges extrêmes, est mal assuré et reste balbutiant.

Dans les premières années de la vie, le système de régulation de l’équilibre est en maturation. L’enfant apprend peu à peu à tenir tout seul, marcher, courir, faire du vélo ou des exercices qui requièrent une maitrise de plus en plus poussée de son corps et de sa position dans l’espace, pour aboutir à une maitrise totale du corps dans un espace tridimensionnel.

A l’autre extrémité de la vie, la personne âgée perd, peu à peu, cette faculté de se mouvoir avec aisance avec, parfois, une perte d’équilibre associée.

Quels sont les éléments en cause ?
Comment peut-on, autant que possible, réguler et d’entretenir l’équilibre tout au long de la vie ?

Au bout de la chaine, l’élément centralisateur qui reçoit les données périphériques et renvoie une réponse fine et adaptée est le système nerveux central. Cette réponse s’effectue en quelques centièmes de secondes.
Trois systèmes de récepteurs périphériques amènent, par des voies afférentes, l’information au système nerveux central :

Les yeux

L’œil évalue les repères autour de soi pour situer le corps dans l’espace environnant et maintenir ainsi l’équilibre.
Pour cela, il a besoin de s’ancrer à des points stables ou peu mobiles. Lorsque l’on regarde, d’un train en marche, le paysage au dehors, le globe oculaire est animé de secousses horizontales (nystagmus), visant à stabiliser le paysage pour se positionner dans l’espace. De même, l’exploration d’un vertige périphérique supprimera cet ancrage visuel par le port de lunettes loupes.  

Les oreilles internes

Elles sont le siège de l’audition (cochlée) et de l’équilibre (vestibule), composé de deux sacs membraneux (utricule et saccule) et des trois canaux semi-circulaires, disposés dans les trois dimensions de l’espace.

Les saccules et utricules fournissent des informations concernant la position de la tête par rapport au corps. La rotation de la tête amène, par exemple, une adaptation du corps pour éviter la chute.

Les canaux semi-circulaires détectent les mouvements de la tête dans les trois plans de l’espace :
• Mouvements d’avant en arrière,
• Mouvement vers le haut et le bas,
• Mouvements vers la gauche ou la droite.

Le système proprioceptif (de proprioception : sensibilité profonde)

Constitué de récepteurs cutanés, musculaires et ligamentaires.

Parmi les récepteurs cutanés, ceux de la plante des pieds jouent un rôle essentiel, indiquant la pression différentielle entre les voûtes plantaires adaptant les réflexes d’équilibration.

Parmi les récepteurs profonds, ceux positionnés sur les muscles cervicaux sont également très importants, fournissant à tout moment des informations pour la posture et l’équilibration.

Un accident de la voie publique avec classique « coup du lapin » ou un traumatisme cervical entrainent souvent et longtemps des troubles de l’équilibre qui attestent de leur importance.

Les voies afférentes de ces trois systèmes récepteurs parviennent aux noyaux vestibulaires situés dans le bulbe rachidien, à la base du cerveau. Après analyse de leur cohérence, ces noyaux vestibulaires renvoient un message d’adaptation : il s’agit des réflexes vestibulo-oculaires et vestibulo-spinaux, assurant la stabilité des yeux et du corps. Ce sont là des réflexes moteurs d’adaptation.
Donc, deux systèmes moteurs : oculomotricité et motricité somatique, sous contrôle de l’ordinateur sous-jacent que constitue le cervelet, assurent une réponse adaptée, à tout instant, à la position du corps dans l’espace, par la stabilité du regard et l’équilibre des muscles du corps (inhibition et contraction des muscles antagonistes).

Voilà donc schématiquement rappelée la gestion de l’équilibre de notre corps régi en permanence par un fabuleux système d’informations réactions en temps réel.

Quel est l’impact de l’âge sur le maintien de l’équilibre ?

Au niveau de l’oreille interne

Bien que le système vestibulaire semble aussi efficient chez les sujets du troisième âge, les informations envoyées par le vestibule aux noyaux vestibulaires semblent être moins bien utilisées.

Au niveau des système proprioceptifs

Le vieillissement s’accompagne d’une diminution de la force musculaire (d’environ 40%) et de l’élasticité des articulations, ce qui diminue le temps de réponse et rend celle-ci moins efficace en cas de perte d’équilibre.
En outre, le vieillissement entraine une diminution de la perception des  systèmes récepteurs cutanés (notamment ceux de la plante des pieds) ce qui aboutit ipso facto à un ralentissement de l’information sur les voies afférentes, affectant la réponse des noyaux vestibulaires.

Au niveau des yeux 

En temps normal, la vision centrale est accompagnée d’une vision périphérique (pourtour du champ visuel), ce qui permet de deviner ce qui se passe en pourtour de la vision directe (vision périphérique). Or, celle-ci devient moins précise en prenant de l’âge, augmentant ainsi le risque de trébucher sur un obstacle périphérique non entrevu (trottoir, marche).

Le système nerveux central

Les années aidant, le temps de réaction de notre cerveau devient moins rapide aux sollicitations extérieures et la précision de l’ajustement moins grande. Ce sont autant d’éléments aggravant les risques de perte d’équilibre lors d’un mouvement non approprié, avec un retard d’ajustement de la réponse.

Entretenir les fonctions cognitives

Pour entretenir les fonctions cognitives, qui mettent en jeu la mémoire, le langage, le raisonnement, la résolution des problèmes, plusieurs choses peuvent être envisagées :

• L’appareillage auditif, pour stimuler la cognition,
• La lecture régulière et répétée, avec la volonté de mémoriser l’histoire et ses détails (petits carnets), aide également à l’entretien de la fonction cognitive et donc à la rapidité des réactions dans lesquelles la prévention des chutes intervient,
• Les jeux faisant intervenir mémoire, raisonnement, esprit de déduction sont aussi excellentes pour cette stimulation.

Retrouver l’équilibre

L’équilibre1 ne se trouve pas dans l’immobilité mais dans l’activité.
Pour retrouver l’équilibre, la pratique d’exercices simples à réaliser chez soi, 5 à 10 minutes par jour, est une excellente chose et permettra d’entrainer facilement votre équilibre. Sachez que plusieurs semaines peuvent être nécessaires pour observer des progrès. Enfin, ne soyez pas étonné de ressentir parfois une gêne ou un déséquilibre en les pratiquant.

• Tenir en équilibre dans une file d’attente.
Pour tenir plus facilement debout immobile, comme dans une file d’attente par exemple, entrainez-vous à rester en équilibre « parfait », le plus longtemps possible, debout sur les deux pieds, talons joints, les yeux ouverts puis fermés.

• Monter facilement un trottoir.
Pour monter plus facilement des marches, un trottoir, des escaliers, essayez de rester en équilibre le plus longtemps possible sur un pied (puis l’autre), les yeux ouverts, puis fermés.

• Gagner en force et en endurance.
Pour gagner en force et en endurance dans les exercices précédents, piétinez sur place en essayant de maintenir un équilibre « parfait », le plus longtemps possible. Exercez-vous de plus en plus vite, les yeux ouverts, puis fermés.

• Éviter les déséquilibres arrières.
Pour éviter les déséquilibres arrières, particulièrement dangereux, entrainez-vous, les yeux ouverts, à vous mettre successivement quelques secondes sur la pointe des pieds puis sur les talons. Effectuez cet exercice de plus en plus vite.

• Mieux contrôler sa vision.
Pour entrainer à déplacer plus facilement votre regard lors de vos déplacements, asseyez-vous muni de deux pages (journaux, magazines), tenues chacune dans une main, bras légèrement fléchis. Lisez alternativement un mot du titre de chaque texte, en passant d’une page à l’autre. Effectuez cet exercice de plus en plus vite et en lisant des caractères de plus en plus petits.

• Apprendre à bien se lever d’une chaise.
Si vous avez des difficultés à vous lever d’un siège :

> Redressez le buste,
> Avancez les fesses au bord de la chaise,
> Reculez les talons jusqu’aux pieds de la chaise (sous vos fesses),
> Penchez-vous jusqu’à sentir le point d’équilibre,
> Relevez-vous en vous aidant éventuellement de vos bras.

• Apprendre à vous relever du sol, facilement et en sécurité.
Il peut être nécessaire de se relever, il faut savoir que l’on en est capable. :

> Si vous êtes sur le dos, tournez-vous sur le ventre en croisant les pieds, les jambes, les cuises et les bras devant vous,
> Rapprochez bras et genoux vers votre ventre. Redressez-vous pour vous mettre à « quatre pattes »,
> Repérez un objet stable (chaise, fauteuil, table) et déplacez-vous dans sa direction, à « quatre pattes »,
> Tenez-vous à l’objet stable, redressez le tronc (pour vous mettre à genoux), levez un genou, continuez à vous redresser, levez l’autre genou avant de vous relever entièrement.

Conseils généraux

• Marchez au moins 10 minutes par jour, en regardant droit devant vous, en allongeant votre foulée et votre durée de marche au fil des jours.
• Évaluez les obstacles (escaliers, trottoirs), avant de vous engager. En marchant, ne fixez pas vos pieds, mais regardez loin et largement autour de vous.
• Au lever du lit : allumez la lumière, prenez le temps d’habituer votre corps à chaque nouvelle position. Restez assis au bord du lit avant de vous mettre debout et levez-vous lentement avant de marcher.
• Veillez à l’hygiène de vos pieds, privilégiez des chaussures plates et à lacets.
• Adaptez votre intérieur. Réduisez les obstacles (coins de tables, tapis). Faites des aménagements pour la sécurité (poignées solides, tapis antidérapants dans la salle de bain, téléphone à portée de main, etc.)

Si les risques de chute augmentent avec le temps chez les personnes âgées, il est important de s’adapter très tôt et pratiquer régulièrement des exercices simples visant à stimuler les systèmes récepteurs périphériques.
La stimulation de la fonction cognitive est aussi un élément important qu’il faut entretenir.
En complément et tout à fait à part chez les personnes les plus instables il sera souhaitable de leur proposer un détecteur de chutes. 


Sources

1 Société Internationale d’Otoneurologie et IPSEN – Innovation for patient care.





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