Audition, capacités cognitives et musicothérapie

Audition, capacités cognitives et musicothérapie

Notre époque ne fait plus de musique. Elle camoufle par du bruit la solitude des hommes en leur donnant à entendre ce qu’elle croit être de la musique. Jacques Attali

Les sons qui nous parviennent ne sont pas simplement décodés par l’organe sensoriel et intégrés par le cortex auditif1 : ils stimulent d’autres aires cérébrales et sont reliés à de nombreuses autres fonctions intégratives.

La surdité affecte la cognition

Toute atteinte significative de l’audition engendre une augmentation de la concentration requise pour entendre. Il s’ensuit une diminution de la capacité cognitive, affectée à ce nouvel effort déployé pour entendre, occasionnant une fatigue cérébrale qui réduit l’attention et les ressources cognitives utiles à d’autres tâches. Ceci va crescendo avec l’importance de l’atteinte auditive. Parallèlement, l’âge entraine naturellement un déclin cognitif2, majorant les difficultés à comprendre, notamment dans une ambiance bruyante.

A la fin des années 80, une relation entre démence et surdité a été établie et, plus la surdité est profonde, plus le risque d’être atteint d’un déclin cognitif sévère est grand.

On sait maintenant qu’une surdité liée à l’âge multiplie par trois le risque d’être atteint de démence sénile, avec ses implications économiques majeures. Si, à ce jour, on peut retarder, ne serait-ce que d’une année, le début du déclin cognitif dans la population, la prévalence globale de la démence diminuerait de 10% en 2050. Or, les coûts annuels directs et indirects des maladies neurologiques en Europe dépassent les 790 billions d’euros (à comparer avec les 200 billions d’euros pour les maladies cardio-vasculaires et les 150 billions d’euros pour les tumeurs malignes).

Réhabiliter l’audition le plus tôt possible : le rôle de l’appareillage auditif

La réhabilitation auditive par des aides auditives le plus tôt possible pour les surdités modérées à sévères et par l’implant cochléaire, éventuellement, pour les surdités profondes permet de renverser le phénomène. On n’insistera donc jamais assez sur la nécessité de s’appareiller dès les premières gênes, tant pour retrouver un confort d’écoute que pour rester jeune3 ! Une récente étude a mis en évidence qu’une personne non appareillée de 70 ans voyait son déclin cognitif s’accélérer (de 6 à 7 en moyenne) et disposait ainsi des mêmes capacités cognitives qu’une personne de 77 ans ! Il faut que les mentalités évoluent : aujourd’hui, des aides auditives invisibles et performantes existent, qui permettent d’affirmer que ce n’est pas l’appareillage qui « fait vieux » mais bien plutôt le fait de faire répéter.

Porteurs de démence ou de maladies d’Alzheimer avancées : quel peut-être le rôle de la musique ?

Depuis l’Antiquité, la musique est connue pour ses effets thérapeutiques et cathartiques. En France, c’est dans les années 1960-1970 qu’un premier centre de musicothérapie a été ouvert.

En 2006, Dan Cohen crée la fondation Music & Memory, qui fait renouer les personnes âgées atteintes de démence ou d’Alzheimer avec la musique qu’elles ont aimée dans leur jeunesse. Et les résultats sont spectaculaires, comme le montre le documentaire "Alive inside", diffusé en 2014 et en 2017 sur Arte. "Alive inside" a reçu le prix du public au festival américain Sundance. On y rencontre Henry, pensionnaire d’une maison de retraite et atteint de démence, écouteurs vissés sur les oreilles, dont le visage s’illumine en écoutant la musique qu’il a aimée par le passé ; Marylou, porteuse d’un Alzheimer très avancé, qui revit en écoutant sa musique préférée.

Cette thérapeutique, étudiée dans 196 maisons de retraite, a un résultat sans appel.
Music & Memory contribue à baisser la médication antipsychotique et anxiolytique de façon significative. Les résidents recréent par ailleurs des liens spontanés entre eux.

Que peut-on retenir de cette double analyse ? 

• En amont, qu’il faut tout mettre en œuvre pour préserver son capital auditif4,

• Quand la gêne auditive est là, qu’il faut s’appareiller le plus tôt possible pour ne pas affecter la cognition du sujet,   

• Enfin, si la démence est constituée, favorisée parfois par la surdité non appareillée, l’introduction d’une musique aimée par le passée ramène joie de vivre et bonheur chez les patients, diminuant de plus la charge thérapeutique.

On voit donc à quel point une stimulation auditive reste vitale à l’épanouissement du sujet même lorsque ce dernier est atteint d’un Alzheimer ou d’une démence sénile.

On sait maintenant qu’un stimulus sonore est bien plus qu’un simple signal. Il active de nombreuses zones du cerveau et pas seulement l’aire auditive et ce, en fonction du réseau de savoir établi. Ainsi, par exemple le mot « dessus » active les zones du cortex où sont regroupés les mots faisant référence à l’aspect des choses ainsi que la zone liée aux dimensions et aux espaces. L’inverse découle de ce constat. Une atteinte des processus cognitifs influence la perception des sons !



Sources :

• Dossier musicothérapie : ACMF le mag n° 541
• Le cerveau auditif : L’étroite corrélation entre audition et cognition. Résultat d’une étude de la littérature scientifique disponible sur le sujet, menée par une équipe italienne et américaine. Document de consensus 2018/ Le cerveau auditif.


Articles complémentaires :

1 "L'oreille et sa fonction auditive"
2 "La presbyacousie, qu'est ce que c'est ?"
3 "La prothèse auditive simplement","Audioprothèse : intra-conduit VS contour d'oreille, que choisir ?"
4 "Peut-on prévenir la perte de l'audition ?"



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