L'otite sous toutes ses formes

L'otite sous toutes ses formes

Mot composé du Grec -ous, ôtos qui désigne l’oreille et du suffixe -ite, inflammation : l'otite c’est donc l’inflammation de l’oreille.

Que regroupent comme affections ce mot, largement utilisé et parfois à tort, par les patients qui viennent nous voir pour une douleur d’oreille et, puisqu’il s’agit de l’oreille, "cette douleur ne peut-être qu’une otite" ? 
Si, pour l’enfant enrhumé, fébrile et grognon, le diagnostic est souvent exact, une douleur d’oreille, a fortiori  trainante chez l’adulte, est rarement une otite mais plus souvent une douleur projetée qui peut signer beaucoup d’autres affections.
D’autant plus qu’une otite n’est pas toujours douloureuse, tant s’en faut.


Définition

L’otite regroupe un nombre important de modifications de l’oreille, allant d’un phénomène aigu et douloureux au phénomène chronique, indolore, avec parfois des lésions séquellaires retrouvées, en passant par des phénomènes subaigus avec douleurs d’intensité variable évoluant sur le long terme.
C’est à partir du XIXe siècle que l’on cherchera à classer ces affections en distinguant les formes douloureuses de celles qui ne le sont pas.

Pour la simplicité de l’exposé, je parlerai des otites de l’enfant puis des otites de l’adulte.

L’oreille, on l’a vu (lire l'article à ce sujet) se décompose en oreille externe, oreille moyenne et oreille interne.
L’otite, quelle que soit sa forme ne touche que l’oreille externe et/ou l’oreille moyenne.

 

Otites de l’enfant

1 - Otites touchant le pavillon ou le conduit auditif (oreille externe)

Elles associent toutes des phénomènes aigus et sont donc toujours douloureuses.
On distingue : 

L'otite externe du conduit :
Fréquente, liée au nettoyage répété du conduit (cotons-tiges) ou favorisée par les bains de piscine (eau stagnant dans le conduit) ou bien encore déclenchée par des grattages répétés et intempestifs du conduit auditif.
• Le traitement repose sur des antibiotiques locaux , des anti-inflammatoires et doit être préventif au décours (pas de coton-tige, grattage…)

Furoncle du conduit :
Beaucoup moins fréquente, elle est favorisée par une folliculite (infection des petits cils du conduit) due au staphylocoque doré.
• Le traitement repose sur l’antibiothérapie locale et générale et la recherche d’un diabète que peut révéler le furoncle.

Mycose (champignons) du conduit :
Otite relativement rare chez l’enfant, mais qui peut faire suite à de l’eau stagnante dans le conduit après les bains.
• Traitement local antimycosique suffisamment longtemps.

Périchondrite du pavillon (infection du cartilage) :
Fait généralement suite à un geste chirurgical (oreilles décollées par exemple), mais reste rare.
• L’antibiothérapie doit être massive et adaptée. On ne parle pas vraiment d’otite dans ce cas, car le pavillon bien que faisant partie de l’oreille externe est rangé à part.

 

2 - Otites touchant le tympan et la caisse du tympan (oreille moyenne)

Elles associent parfois des phénomènes aigus, mais pas toujours (douleur alors absente). 
On distingue :

L'otite moyenne aiguë :
Extrêmement fréquente chez le jeune enfant (c’est l’otite que tous les parents connaissent).
L'enfant présente une rhinopharyngite traînante, renifle, tousse (glaires qui coulent dans l’arrière nez et tombent dans les bronches et chez qui le pus des fosses nasales (en provenance souvent de végétations adénoïdes infectées et volumineuses) remonte par la trompe d’Eustache et infecte la caisse du tympan.
Les tableaux cliniques sont variables allant de la congestion simple du tympan à la collection de pus derrière le tympan.
• Les traitements empiriques sont encore largement prescrits, en attendant la consultation spécialisée, allant de gouttes d’olive tièdes dans le conduit à la dépose d’une gousse d’ail (cette habitude nous viendrait-elle des Carpates ?). Récemment un vieux sage africain m’a même avoué que môme, son père avait coutume de lui mettre des débris de cafard écrasé dans le conduit quand il souffrait !
De nos jours, les traitements ont évolué…
Ils peuvent aller d’une simple antibiothérapie locale et/ou par voie générale à la paracentèse qui incise le tympan pour drainer la collection de pus soulageant rapidement l’enfant.
La prescription rapide d’un antibiotique efficace a toutefois rendu plus rare la réalisation d’un tel geste.

Myringite phlycténulaire :
Il s’agit d’une otite particulière qui se traduit par la présence de phlyctènes séro hématiques sur le tympan pouvant percer spontanément (notamment en pleine nuit), réveillant l’enfant qui a mal et qui saigne de l’oreille. Ce saignement inquiète les parents qui accourent aux Urgences. Pourtant cette perforation soulage l’enfant qui se rendort, apaisé. L’origine est souvent virale, mais pas exclusivement.
• Le traitement reste l’antibiothérapie avec paracentèse parfois d’une phlyctène.

Otite séromuqueuse :
Parfois confondue par les patients avec l’otite aiguë, elle est pourtant bien différente, car indolore, mais elle touche près d’un enfant sur deux.
Il s’agit d’un épanchement liquidien (glue rétro auriculaire) au sein des cavités de l’oreille moyenne.
Elle est liée l’essentiel du temps à une dysfonction tubaire (trompe d’Eustache - lire notre article sur la trompe d'Eustache) liée à de grosses végétations adénoïdes qui empêchent l’aération de la caisse. Cette glue épaisse derrière le tympan est souvent asymptomatique chez le tout jeune enfant qui ne parle pas encore.
Elle se traduit par une hypoacousie plus ou moins importante, parfois notable avec retentissement scolaire chez le plus grand.
• Bien qu’elle guérisse l’essentiel du temps si l’on se donne le temps d’attendre, le retard scolaire qui peut en résulter, les complications propres (évolution vers la rétraction tympanique avec perte auditive séquellaire) font qu’il est parfois utile de proposer la pose d’aérateurs trans tympaniques (yoyos biconcaves positionnés de part et d’autre du tympan), qui normalisent immédiatement l’audition en se substituant un temps donné à la trompe d’Eustache défaillante.

 

Otites de l’adulte

1 - Otites touchant le pavillon ou le conduit auditif (oreille externe) 

On exclura, là aussi, le pavillon, qui peut pourtant présenter un othématome (épanchement de sang du cartilage), notamment chez le catcheur, la périchondrite ou un zona avec éruption de vésicules sur la conque et une paralysie faciale souvent associée.

Otite externe du conduit :
Les causes sont les mêmes que pour l’enfant. Les traitements aussi.
Une forme particulière est l’otite externe nécrosante du conduit, souvent caractéristique d’un diabète mal équilibré, redoutable par sa chronicité.
• Équilibrer le diabète reste une priorité absolue sous peine d’échec du traitement.

Otite mycosique : plus fréquente que chez l’enfant.

Otite externe maligne du conduit : elle reste rare et est favorisée par des eczémas.
• Le traitement est chirurgical.

 

2 - Otites touchant le tympan et la caisse du tympan (oreille moyenne)

Otite moyenne aiguë :
Beaucoup plus rare que chez l’enfant.
La trompe d’Eustache au cours de la croissance s’est allongée, verticalisée et s’est légèrement coudée en Y rendant la propagation des germes plus difficile (mais l’équilibrage en plongée aussi ! - lire notre article à ce sujet)

Otite barotraumatique :
Pressionnelle en plongée ou en avion.
A la douleur peut s’associer une lésion caractéristique sur le 4000 Hz, mais surtout le 6000 Hz.
• Traitement antibiotique et anti-inflammatoire.

Otite séro muqueuse :
Complication non exceptionnelle d’une rhinopharyngite trainante.
• Le patient consulte souvent quelques semaines après cette rhinopharyngite pour une perte auditive qui dure, non douloureuse qui nécessitera souvent une simple paracentèse aspiratrice. 

Otite chronique :
Elle associe des lésions du tympan et de la caisse (lésions ossiculaires possibles).
Il peut s’agir d’une otite chronique subaiguë, qui sera douloureuse, associant parfois un écoulement purulent (otorrhée) ou d’une otite séquellaire sans douleur, se limitant à une destruction plus ou moins importante du tympan et des osselets. L’oreille peut couler de façon chronique (sécrétion purulente, sérosanguine ou claire).
• En cas d’oreille sèche durablement, le traitement peut consister en une reconstruction.
• En cas d’oreille suintante, assèchement si possible par antibiothérapie ou chirurgie de nettoyage si l’oreille ne s’assèche pas pouvant précéder ou être conjointe à une chirurgie de reconstruction.

 

En conclusion

Les otites sont dominées chez l’enfant par l’otite moyenne aiguë et l’otite séromuqueuse.
Chez l’adulte c’est l’otite chronique qui dominera le tableau clinique.
La médecine actuelle et l’antibiothérapie largement prescrite dans les phénomènes aigus ont cependant fait régresser de façon notable ces séquelles chroniques.





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