Plongeurs, gare à votre 6000Hz !

Plongeurs, gare à votre 6000Hz !

Nous mettons ici en évidence les résultats d’une étude menée sur 32 plongeurs, dans un club de plongée de région parisienne.

 

Première remarque :

L’atteinte première de l’oreille interne est le 6000Hz et elle touche davantage les apnéistes que les plongeurs bouteille.

En effet sur la courbe audiométrique de 32 plongeurs testés :
• 87% des plongeurs en scaphandre autonome présentent une atteinte spécifique de la fréquence 6000Hz ;
• Cette atteinte touche 95% des apnéistes purs et plongeurs bouteille ;
• Moins de 50% de tous les plongeurs confondus présentent une atteinte concomitante des 4000Hz et 8000 Hz.

 

Pourquoi cette atteinte spécifique du 6000Hz ?

Parce qu’anatomiquement la fenêtre ovale, où se trouve la platine de l’étrier, est en regard de la zone des 6000Hz de la cochlée (en forme de coquille d’escargot et siège des cellules auditives).

Des coups de pression de l’étrier lors des Valsalvas répétées, léseront en premier cette fréquence. De la même manière, des agressions sonores léseront prioritairement cette fréquence. Puis, par extension en tache d’huile les fréquences proches seront atteintes (4000Hz et 8000Hz).

 

Pourquoi les apnéistes sont-ils les plus touchés ?

Lors d’une descente, la compensation en apnée est plus violente car les poumons s’écrasent au fur et à mesure de la progression. La Vasalva entraine des coups de boutoirs conséquents et répétés sur l’étrier. Ce coup de piston, qui lèse essentiellement l’oreille interne avec une participation de l’oreille moyenne est évoqué dans notre article sur l’oreille du plongeur (à lire ici).

 

Corollaire :

Demandez toujours à votre ORL de mesurer cette fréquence qui est parfois shuntée par méconnaissance (on a très longtemps affirmé que la première fréquence touchée lors des traumatismes sonores ou pressionnels (ce qui revient au même sur le plan lésions) était le 4000Hz ! Les habitudes ont la vie dure, alors que les examens répétés prouvent qu’il n’en est rien. Pourtant, débusquer tôt une atteinte du 6000Hz permet des mesures préventives beaucoup plus précoces pour l’avenir de son oreille (on n’en a que deux durant notre longue vie).

 

Seconde remarque :

Existe-il un biais dans cette affirmation ?

Si l’on considère que les traumatismes sonores s’accumulent au cours d’une vie et que les lésions qui leur sont imputables sont identiques, il est logique de se demander si c’est seulement la plongée qui lèse l’oreille.

Lors d’un examen systématique de l’audition chez un adulte jeune sans antécédent, l’atteinte isolée du 6000Hz ou des autres fréquences aigües (4000Hz, 8000Hz) reste assez rare.

 

Notons que pour 25% d’apnéistes suivis, l’atteinte auditive des 6000Hz n’existait pas lors du premier examen et se trouve présente en moins de 3 ans.

 

Si l’on doit incriminer l’âge dans ces lésions spécifiques du 6000 Hz, alors il serait logique de voir le nombre de plongeurs touchés augmenter avec l’âge.

Or, pour les apnéistes pratiquant également la plongée en scaphandre autonome comme pour les plongeurs en scaphandre autonome exclusivement on ne note pas de surreprésentation des effectifs touchés dans les classes d’âges supérieures à 55 ans.

Ce qui permet de conclure, sans trop de risque de se tromper, que ce n’est ni l’âge ni l’ancienneté de plongée des uns et des autres qui est en cause dans ces lésions (on peut supposer arbitrairement que les ainés plongent depuis plus longtemps que les plus jeunes) mais bien l’agression pressionnelle répétée favorisée par les Valsalvas violentes, surtout chez les apnéistes.

Cette esquisse d’étude qui pourra être affinée avec le temps dégage un fait essentiel :

La compensation des oreilles par la Valsalva doit être proscrite et la méthode de  Frenzel doit être enseignée / pratiquée systématiquement.

 

En conclusion :

  • Arrêtez les Valsalvas et préférez les Frenzel et les Béances Tubaires Volontaires, dans le but d’éviter les coups de boutoir répétés de l’étrier ;
  • Préférez les descentes lentes avec toujours un temps d’avance dans l’équilibrage des oreilles (on ne doit idéalement jamais avoir mal) ;
  • Classiquement ne pas plonger si l’on est enrhumé.

En un mot, être à l’écoute de son oreille, élément capital qui vous permettra d’éviter des dégâts irréversibles sérieux.

Crédit photo : Alex Barnab Voyer





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1Commentaires

  • Avatar
    Stéphane
    Feb 8, 2018

    Très bon article ! Merci à vous !

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