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L'oreille du plongeur

L'oreille du plongeur

L’oreille du plongeur

Pour la clarté de l’exposé, nous parlerons des incidents ou accidents qui touchent respectivement l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne.

Cette distinction est schématique : un incident survenant sur l’oreille externe peut toucher conjointement l’oreille moyenne et il n’est pas rare que cette dernière soit associée à un accident survenant sur l’oreille interne.

 

L’oreille externe :

Nous en avons vu les limites. Deux affections principales :

  • L’otorragie : c’est, nous l’avons vu, l’extériorisation de sang rouge de l’oreille. Le grattage, en mer comme sur terre reste possible, mais il peut surtout s’agir ici d’une otite barotraumatique du conduit amenant à l’extériorisation de sang rouge après la plongée. Ce phénomène est indolore et inquiète, du reste, peu, le plongeur. Le phénomène de survenue est lié à l’existence d’une pression excessive sur la peau du conduit lésée ou fragilisée qui va se déchirer et saigner.
  • La dermite de conduit voire l’eczéma : c’est le calvaire de beaucoup de plongeurs. L’eau qui marine dans le conduit après des plongées qui, de plus, est une eau salée qui irrite le conduit fait souvent l’objet de tentatives fructueuses ou pas pour l’enlever. C’est là que tout commence… La peau du conduit, on l’a dit, est fragilisée après une plongée. En montant sur le bateau, l’eau qui reste dans le conduit est désagréablement ressentie par le plongeur. L’introduction du doigt ou de tout autre objet pour évacuer l’eau va léser cette peau fragile. Or, pour peu qu’il fasse chaud, les germes dans ce conduit humide vont proliférer rapidement. Une simple excoriation de  peau les fait pénétrer dans le tissu sous cutané amenant une inflammation puis parfois une infection locale avec gonflement de la peau du conduit réalisant une douleur très vive nécessitant un traitement antibiotique et anti-inflammatoire par voie locale et générale. Tous les plongeurs qui connaissent ces problèmes ont leur traitement…

-       Rinçage du conduit à l’eau douce (le résultat est loin d’être merveilleux),

-       Instillation avant et après la plongée d’huile d’amande douce. Ça marche, l’huile, hydrophobe chassant l’eau,

-       Instillation d’un antibiotique auriculaire préventif,

-       Des doc’s proplug©. Il faut choisir bien évidemment les « ventilés » car sinon ce serait dangereux de descendre avec des embouts fermés. Le micro orifice permet à l’eau sous pression de pénétrer, préservant un manchon d’air entre le tympan et l’eau qui se comprime au fur et à mesure de la descente. Cet embout peut être tenté (avec parfois quelques succès) chez les apnéistes qui présentent un problème d’équilibrage à la descente. L’embout doit être adapté au conduit (cf un ORL fédéral).

Cette pathologie survient surtout dans trois cas de figures :

-       Les oreilles à petit conduit, où l’eau a tendance à stagner,

-       Les hypertrichoses de l’oreille, plus prosaïquement le toupet de poils à l’entrée du conduit qui gêne tout écoulement (on peut raser son conduit),

-       Le bouchon de cérumen qui s’accumule dans le conduit (surtout dans les deux cas précédents) et gêne là aussi l’évacuation d’eau (consulter son médecin avant les plongées si l’on a tendance à faire de la cire).

 

L’oreille moyenne :

Nous ne reviendrons pas sur le blast de l’oreille qui peut survenir avant même de débuter sa plongée et qui associe souvent une lésion de l’oreille moyenne et de l’oreille interne. Pas davantage sur le coup de boutoir de l’étrier que l’on peut comparer à un blast lésant l’oreille moyenne et l’oreille interne dont on a vu comment l’éviter.

La principale affection de l’oreille moyenne du plongeur est l’otite baro traumatique. Comme son nom l’évoque, elle est la conséquence d’une lésion pressionnelle sur une oreille où l’équilibrage, via la trompe d’Eustache, s’effectue mal (rhinopharyngite souvent).

Elle survient surtout lors de la descente. Le mécanisme actif (par le patient) d’équilibrage de trompe est insuffisant. Il s’ensuit une douleur qui va crescendo jusqu’à devenir intolérable si l’on poursuit la descente, l’eau poussant le tympan vers la caisse où l’équilibrage pressionnel se fait mal. On peut distinguer 5 stades de gravité croissante dont découle le pronostic :

-         Stade 1 : Petite inflammation du tympan,

-         Stade 2 : Rétraction du tympan,

-         Stade 3 : Épanchement rétro tympanique,

-         Stade 4 : Hémotympan (sang derrière le tympan),

-         Stade 5 : Déchirure tympanique (avec grande crise de vertiges).

Plus le stade augmente, plus il existe un risque de lésion séquellaire de l’oreille  (acouphènes / surdité plus ou moins sévère / perforation tympanique).

L’otite baro traumatique peut survenir à la remontée. La diminution de pression dans la caisse se fait automatiquement, la trompe s’ouvrant de façon passive. L’obstruction d’une trompe d’Eustache (rhinopharyngite / sinusite / obstacle mécanique…)  entraine une différence de pression entre les caisses occasionnant un vertige alterno-barique qui peut être violent par irritation du vestibule (oreille interne) via la distension de caisse. On peut  essayer de l’arrêter par différentes manœuvres (positionnement de la tête / déglutition / montée plus lente) afin de permettre de rééquilibrer les pressions dans les 2 caisses.

La prévention consiste simplement à éviter de plonger si l’on est enrhumé ou tout au moins ne pas insister si l’équilibrage est difficile et savoir interrompre sa plongée.

 

L’oreille interne :

Le coup de piston de l’étrier lèse essentiellement l’oreille interne avec une participation oreille moyenne.  Cette dernière est réversible. Ce n’est pas toujours le cas de la lésion d’oreille interne qui peut ne pas guérir malgré un traitement débuté le plus tôt possible. Il constitue une urgence médicale essentiellement basé sur une corticothérapie à fortes doses. L’audiogramme, fait au cabinet de l’ORL montre une lésion auditive touchant les fréquences aigües (de 4000 à 8000Hz). Curieusement, l’audiogramme peut apparaitre normal. Il faut alors bien s’assurer que la mesure du 6000Hz a été faite. Beaucoup d’ORL ne la font pas systématiquement. Importance de s’en assurer et de choisir un ORL médecin fédéral ou connaissant bien ces accidents barotraumatiques (plus d'informations dans notre article "Plongeurs gare à votre 6000Hz")

L’accident de décompression de l’oreille interne. 2 mécanismes peuvent être en cause :

1. Un dégazage  « in situ »  de  microbulles  d’azote  dans  les  tissus  et   les   liquides endolymphatiques suite à un palier mal fait ou une remontée trop rapide,

2. Un   passage  de bulles  artérielles   dans   la circulation  générale  si  l’accident est dit immérité. On suspecte alors un foramen ovale perméable qui permet un shunt droit-gauche avec court-circuitage à la remontée de l’émonctoire pulmonaire (70% de FOP retrouvés dans ce cas).

Dans les deux cas, le diagnostic est facilement suspecté sur le tableau clinique décalé  bien que ce ne soit pas une constante absolue. Le vertige, plus ou moins intense, peut survenir dès l’arrivée sur le bateau (mais pas avant !). Dans tous les cas, il survient dans l’heure qui suit.

La symptomatologie vertigineuse, avec son cortège associé nausées-vomissements peut être intense et prédomine sur les signes cochléaires purs. Le plongeur mentionne tout de même une sensation d’oreilles bouchées, mais cette doléance est secondaire.

Un accident neurologique central peut donner le même tableau, mais il importe de surveiller le plongeur qui risque de développer progressivement d’autres atteintes neurologiques avec paralysie des membres inférieurs ou d’un hémicorps voire des quatre membres. Le tableau est beaucoup plus sévère.

Dans tous les cas : En attendant les secours prévenus immédiatement, traitement d’urgence par oxygénothérapie à grand débit et aspirine buccal (100mg/20kg de poids sans dépasser 500mg). Passage obligé ultérieur en centre d’oxygénothérapie hyperbare.

 

Conclusion

Les accidents d’oreille chez le plongeur et l’apnéiste sont dominés par les otites externes et les accidents barotraumatiques de l’oreille moyenne.

Les premiers sont bénins, mais empoisonnent la vie de certains.

Les seconds peuvent arriver à tout un chacun, mais doivent se limiter aux stades 1 et 2.

Toute poursuite d’une plongée dans des conditions inappropriées devenant une faute à ne pas commettre. Ils restent alors de pronostic bénin. 

Crédits photos : Alex Barnab Voyer





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1Commentaires

  • Avatar
    ¨Pascal Bauer
    Nov 10, 2017

    Précieuses informations pour le plongeur. Les pathologies de l'oreille du plongeurs requièrent une attention particulière et le médecin ORL fédéral reste le mieux placé pour les traiter (plus grand nombre de sujets permettant de faire des observations et analyser les situations en termes de plongeur).

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